La pénurie de main d’œuvre en tourisme

Des chiffres alarmants : voilà ce que révèle notre portrait de la situation réalisé sur la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie touristique au Québec. Alors que la saison estivale tire à sa fin et que le tourisme est plus populaire que jamais dans la belle province, le bilan s’avère préoccupant, car plusieurs postes seront encore à pourvoir dans les mois et années à venir.

Seulement en 2019, au début de la saison touristique, plus de 20 000 postes étaient toujours vacants. Une situation que les acteurs de l’industrie touristique souhaitent voir corrigée en vue de 2020. Notre analyse met en lumière certaines des causes et conséquences de la pénurie de main-d’œuvre ainsi que des initiatives locales et internationales pouvant inspirer les parties prenantes de l’industrie.

« La pénurie affecte non seulement les grandes entreprises, mais aussi les PME. Elles sont généralement plus vulnérables, et sachant que la majorité des entreprises touristiques font partie de ce segment, il est primordial que l’on accélère le pas », souligne Francis Gosselin, associé d’Acronyme. 

Le tourisme correspond à plus de 9 % des emplois au Québec et à plus de 2 % du PIB de la province. Lors de la haute saison estivale, l’industrie voit en moyenne ses effectifs gonfler de 15 %. La situation est d’autant plus inquiétante dans les régions, où le tourisme occupe une place prépondérante dans l’économie et où la décroissance de la population active, particulièrement les jeunes, est plus marquée. À la fois une conséquence de la stratégie économique, du contexte sociodémographique, des conditions de travail et de la réputation de certains emplois de l’industrie, la pénurie de main-d’œuvre en tourisme influence désormais l’ensemble des fonctions des organisations.

« En dressant un portrait de la situation, on se rend rapidement compte de l’urgence de pousser la réflexion et de formuler des solutions cohérentes au contexte de l’industrie touristique », poursuit Francis Gosselin.

L’immigration au cœur de la solution

La question de l’immigration est bien entendu au cœur du discours sur la pénurie de main-d’œuvre au Québec. Suivant la décision du gouvernement fédéral d’octroyer plus de permis aux Français, le gouvernement québécois a lui aussi fait part de son intérêt envers la main-d’œuvre issue de l’Hexagone. Le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) recommande aussi aux entreprises touristiques de penser aux nouveaux arrivants, aux autochtones, aux personnes judiciarisées ou à mobilité réduite, et même de faire affaire avec des agences de placement qui recrutent des travailleurs étrangers.

La question du salaire

Toujours selon notre, les salaires moyens de l’industrie touristique progresseraient moins rapidement que la moyenne des salaires québécois, même si le tourisme est en forte croissance et qu’il est confronté à une grave pénurie de main-d’œuvre. La quantité énorme de PME dans ce secteur d’activité, dont près de 80 % comptent moins de 20 employés, et les faibles marges de profit expliqueraient ce phénomène.

« Une évolution des salaires dans le secteur peut s’avérer complexe dans un domaine où la pression sur les prix demeure forte. Une évolution des salaires, soutenue par exemple par de nouvelles mesures gouvernementales, permettrait néanmoins aux petites entreprises touristiques d’être un peu plus compétitives », rapporte Francis Gosselin.

Pour en savoir plus, consultez le document intitulé « La pénurie de main-d’œuvre en tourisme. Lorsque l’offre ne répond plus à la demande. », publié par Acronyme.